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Sur le territoire de Grez-sur-Loing, dans la forêt « de la Commanderie » se trouve une cave qui est le seul reste de la Commanderie de l’Ordre du Temple qui était autrefois implantée dans la région, fondée au début du XIIIe siècle et dont les dépendances s’étalaient jusqu’à La Chapelle La Reine. Voici le récit d’une visite en ces lieux, désormais gardés par l’ONF.

Cet article a été écrit par Françis CAHUZAC, qui nous a donné son aimable autorisation de reproduction.

En l’absence de tout document en notre possession relatif à cette ancienne commanderie de l’Ordre du Temple, d’ailleurs complètement détruite et dont il ne subsiste plus qu’une petite cave perdue au milieu de la forêt, nous allons tenter d’esquisser un petit descriptif de la matinée du 4 mars 2001 qui nous a mobilisé pour l’étude de cet intrigant vestige.

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L’ancienne commanderie dite de Beauvais-en-Gâtinais, ou plutôt ce qu’il en reste, est située sur l’actuelle commune de Grez-sur-Loing, dans la forêt domaniale de la Commanderie, laquelle est coupée à son extrémité orientale par l’autoroute A 6, construction récente qui a du très certainement détruire une partie des substructions templières enfouies qui nous intéressent ici.

La cave actuelle, accessible à partir d’un petit cavage maçonné en calcaire brut, descend vers le sud-ouest par l’intermédiaire de 20 marches.
Arrivés en bas, un murage à quelques mètres en face de nous et un autre sur notre gauche, de facture assez récente (car restaurés) apparaissent. Au début nous pensions que la cave se prolongeait au-delà de ces murs en direction de l’autoroute, mais en fait la physionomie en « L » de ce type de construction est relativement fréquente car quoi qu’il en soit, la visite ne continue que par l’intermédiaire d’une galerie unique située sur la droite. Cette dernière conduit après 10 mètres en direction du nord-ouest à une ouverture remontant tel un soupirail à une trappe métallique fermée en forêt.
Cette galerie recoupe au passage quatre niches latérales, dont les deux septentrionales qui sont les plus importantes, permettent d’observer de beaux affleurements de calcaire de Brie.

Nous avons observé, au bas de l’escalier d’accès une petite croisée d’ogives construite dans le grès, comme toutes les voûtes d’ailleurs de cette cave. Il s’agit malheureusement de la seule croisée visible. Les autres n’étant que de simples arcs brisés.
Signalons à ce même endroit la présence d’une chauve-souris en hibernation. Une autre se trouve aussi dans la première des niches septentrionales.

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Bien plus tard nous apprendrons que par le biais d’un sondage archéologique effectué dans les années 1980 il fut retrouvé un robinet en bronze de futaille du XVe siècle ainsi que des tessons de pichet du XIIIe siècle sur ce site. Ces éléments confirmeraient donc volontiers l’hypothèse d’une utilisation comme cave à vin.

Hormis cette cave de facture manifestement médiévale, existe dans l’enceinte de cette ancienne commanderie une autre curiosité d’apparence plus moderne.
Il s’agit d’un ancien puits à eau comblé à 6,70 m et que nous avons découvert en déboulonnant deux trappes métalliques en forêt dans un secteur opposé aux caves.

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Malgré son appareillage en beaux moellons de calcaire, ce puits ayant perdu sa margelle nous paraît être postérieur à la période révolutionnaire. En effet, son diamètre intérieur qui est d’un mètre pile nous laisse perplexe car le système métrique ne fut mis en place qu’à partir du début du XIXe siècle.
Nous pensons qu’il y a du y avoir un réemploi du site, ou tout du moins une zone d’habitation à proximité, d’autant plus qu’à quelques dizaines de mètres se trouve une petite route.

Il est intéressant de signaler au passage qu’en forêt de Fontainebleau, à quelques kilomètres au nord de cet endroit, subsistent quelques puits à eau perdus au milieu de la végétation. On peut se poser la question de leur existence dans un lieu aussi retiré.
La réponse vient du fait qu’il y a au moins une bonne centaine d’années, beaucoup de ces forêts n’étaient que des pâturages ou des étendues rocailleuses, endroit idéal où paissaient de nombreux troupeaux. D’où l’intérêt de ces puits qui servaient alors à abreuver tout un cheptel. La forêt ayant repoussé après l’abandon des élevages, les puits se sont retrouvés oubliés entre les arbres, et c’est ainsi que l’on peut curieusement en redécouvrir de très bien dissimulés encore aujourd’hui. Le puits de Grez-sur-Loing est l’un de ceux là.

 

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