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La Tour de Ganne à Grez-sur-Loing
La Tour de Ganne, située dans le centre du vieux bourg, juste à côté du Vieux Pont, est centrale pour l’histoire de Grez-sur-Loing. Elle est le rappel de l’histoire médiévale du Village, de l’importance des fortifications lors des guerres, ainsi que des nombreux passages de villégiature et commerciaux qui s’y sont déroulé à travers les temps. Elle a été clasée aux Monuments Historiques en juin 1926.

La construction de la Tour de Ganne en 1127 est attribuée à Louis VI dit le Gros, qui fût roi des Francs de 1108 à 1137, pour faire partie d’une ligne de défense fortifiée autour de l’Ile de France contre la Bourgogne et la Champagne. Plusieurs fortifications furent en effet érigées à cette époque, dont Yèvre et Moret.

Elle est nommée d’après les ruines du château sur lequel elle est érigée, car les mots Gannes ou Galles sont un surnom souvent attribué aux vieilles ruines de châteaux (1). La forteresse et ses murailles ont sans doute été démantelées sous Henri IV, roi de Navarre puis de France (1553-1610).

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Comparaison entre une ancienne carte postale (date estimée 1920) et la Tour de Ganne en 2016.

 

Deux femmes notamment font de cette tour un monument historique : ce sont Blanche de Castille et Louise de Savoie.

BlancheofcastileBlanche de Castille, 1188-1252, reine de France, était la nièce des rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, fille d’Aliénor d’Angleterre et petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine. Elle fût mariée à l’âge de 12 ans à Louis VIII de France afin de sceller des alliances de paix entre la France et l’Angleterre.
Femme de caractère, aussi célèbre par sa beauté que par sa sagesse, elle eu 12 enfants, dont 5 seulement atteignent l’âge adulte. L’un d’entre eux est Louis IX, roi de France de 1214 à 1270.
Grès-en-Gâtinais, ancien nom du Village de Grez-sur-Loing, était une ville importante dépendant du douaire (*) de Blanche de Castille. (*) portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait.
En 1251, elle installa dans l’Abbaye de Juilly, en Seine-et-Marne, un orphelinat pour les enfants de chevaliers morts en croisade.
Blanche de Castille venait fréquemment avec son fils habiter le château fort royal de Fontainebleau : cit. histoire de la Chapelle La Reine

S’ennuyant quelque peu dans cette demeure austère à l’époque, Blanche de Castille et ses suivantes  parcouraient la région à cheval ou dans une voiture tirée par des chevaux.

Blanche de Castille circula dans toute la forêt de Bière et très vraisemblablement passa plusieurs fois dans La Chapelle-La-Reine construite au carrefour de deux voies de communication importantes de l’époque : la voie d’Orléans et la voie de Milly, aujourd’hui la RN 152 et la D.16.

Précisons que Grez-sur-Loing est sur le trajet de la voie royale numéro 7, dont vous pouvez retrouver l’histoire dans notre article ici. Blanche de Castille est d’ailleurs réputée pour avoir séjourné dans les fortifications voisines des châteaux de Moret et l’abbaye du Lys.

Si les dates auxquelles elle résida dans la Tour de Ganne, ou plutôt dans le château fort dont la tour est une des ruines principales, ne sont pas clairement définie, elle reste une des figures marquantes qui y ont séjourné, avec Philippe Le Bel et Jean Le Bon.
La Tour de Ganne est d’ailleurs nommée Tour de la Reine Blanche dans certains circuits touristiques.

Louise-de-savoie1Louise de Savoie, 1476-1531, princesse de la maison ducale de Savoie, est la mère de François 1er, roi emblématique de la renaissance française. Elle est aussi l’arrière grand-mère de celui dont le règne marqua le début du démantèlement du château fort de Grez, celui dont est issu la tour de Ganne.
Mariée à 12 ans et veuve à 19 ans, mère de deux enfants, Marguerite d’Angoulême et François 1er, elle est titrée duchesse d’Angoulême, duchesse d’Anjou et comtesse du Maine.
C’est en fuyant l’épidémie de peste de Fontainebleau, voulant rejoindre son château de Romorantin, qu’elle décède dans la Tour de Ganne le 22 Septembre 1531.

 

Les jardins de la Tour de Ganne furent peints par de très nombreux artistes, qui vinrent notamment à Grez-sur-Loing entre 1890 et 1910 : scandinaves, mais aussi anglais, américains, et japonais (dont Kuroda Seiki, précurseur de la peinture classique au Japon). Ils inspirent encore aujourd’hui à la fois par leur simplicité naturelle (petits murets, verger, bord de Loing) mais aussi car ils offrent une vue imprenable sur le vieux pont de pierre, qui fût emballé par Corot et lui aussi point central de très nombreuses œuvres.
Les jardins de la tour de Ganne, dans laquelle Louise de Savoie vint finir ses jours en 1531, proposent donc non seulement un voyage architectural et paysager, mais aussi un détour par l’histoire artistique et culturelle de Grez, petit village typique nominé au titre de « Village Préféré des Français » en 2014.

Auteur : Marie NICOLAS-COOK

  • Un article sur l’histoire de la Tour de Ganne sur le site de l’association Les Amis de Grez-sur-Loing, cliquez ici
  • Photos : des photos des jardins sur le site des Amis de Grez-sur-Loing, cliquez ici  et ici

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(1) Source : Châteaux forts et féodalité en Ile de France, du XIème au XIIIème siècle – André Châtelain

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